Week-end au ski en Chine

Des amis français m’ont proposé un plan pour aller un week-end au ski en Chine. Sympa surtout pour mon anniversaire des 25 ans non ?

Comme on est en Chine, bien sûr, tout est différent de la France. Explications

Equipement

En Chine, il fait froid. Très froid. Il fait -15°C à Beijing en hiver, jusque -30°C dans le nord de la Chine. Cela a beau se réchauffer, il fait environ -25°C/-20°C dans les stations de skis aux alentours de Beijing, ce qui n’est pas si mal par rapport aux stations de la Mandchourie, où le mercure tombe parfois en dessous des -30°C.

Bref, il faut s’équiper très chaudement. Or, je n’ai pas de matériel. Donc direction… DECATHLON.

Marrant le premier et le troisième idéogramme? On croirait un nageur en haut du plongeoire et un karatéka

La plupart des Chinois (surtout les vendeurs) ne comprenant pas un mot de français, je prends soin de prendre des photos sur Google Images des choses que je veux acheter. Comme des lunettes de ski par exemple

Ici, pas de surprise. Les produits et les prix sont rigoureusement les mêmes qu’en France… Histoire de limiter les frais :

–  Je n’achète pas de bas de combinaison de ski (trop cher). J’achète un simple collant à 100 Kuais (12 euros). Je skierai en collant et en jean

–  Je n’achète pas de masque de ski (trop cher). J’achète des lunettes de cycliste, ainsi qu’une cagoule

266 Kuais – 32 euros – plus tard, j’ai fini mes courses de ski. Il me faudra près d’une heure de métro pour rentrer au bercail. Il est 22h.

Samedi matin

Lever à 5h30, après une très mauvaise (et courte) nuit. Le rendez-vous : le parc des travailleurs. A la bourre et n’ayant aucune envie de courir – trop froid – je prends un taxi pour finir le dernier kilomètre. Ce qui est bien à Beijing est que les taxis coûtent 3 fois rien – en l’occurrence, cette course m’a coûté 10 kuais – 1,20 euros – moins cher qu’un ticket de métro à Paris par exemple.

Puis on rejoindra la gare routière avec des amis où nous prendrons un bus jusqu’à Chongli, à 3h30 au nord ouest de Beijing. Je verrai en chemin un bout de la muraille de Chine.

Et au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la capitale apparaît un autre visage de la Chine. Enormes centrales au charbon, village dénués de tout…

Arrivée à Chong-Li

Vers midi, nous arrivons à Chong-Li. Le but : rejoindre la station de Duolemeidi, une station grande (pour les normes Chinoises) mais minuscules (pour les normes françaises) : 1 débrayable, 2 téléskis, 6-7 pistes.

Nous y allons en taxi. Les 10 ou 15 kilomètres nous sont facturés 40 Kuais par le chauffeur. Soit 1,21 euro par personne. Cela reste correct.

Ski en Chine

Le ski est un sport qui coûte horriblement cher en Chine. Le prix normal d’une demi-journée de location de matériel + forfait est de 340 Kuais – 41 euros – dans une petite station… On arrivera à bénéficier du tarif « réservation à l’avance » bien qu’on ait appelé pour réserver une fois… arrivés à la station dans l’accueil. On ne paiera donc « que » 280 Kuaïs (34 euros) par personne…  Mais mauvaise surprise : il faut laisser 600 kuais (environ 80 euros) chacun de caution… On les récupèrera mais ce n’est pas très cool quand même.

Il fait très froid (jusqu’à -25°C), et ne regrettera pas d’avoir 4 pulls en dessous de mon anorak, une cagoule et des collants…

Quelques photos:

 

Notez l’éolienne. Des champs d’éoliennes se trouvent au sommet des montagnes en haut de la station. Etonnant non ?

La station est plutôt sympa mais dommage que la neige soit artificielle. En même temps, c’est obligé car le climat est extrêmement sec en Chine – il pleut en moyenne 25 fois moins à Beijing qu’à Paris. En 2 mois, je n’ai pas vu une goutte de pluie ou un flocon de neige à Beijing.

Retour à Chong Li

Nous retournons dans un bus normalement réservé pour les travailleurs. C’est gratuit.

Un petit village sur le chemin du retour. On voit au loin des trous dans la roche, correspondant à des habitations troglodytes… La pauvreté se ressent en voyant ces villages. La deuxième Chine, loin de la vitrine moderne de Beijing ou de Shanghai.

Arrivés, nous ne savons pas où dormir. Grâce à Charly, le français qui a tout organisé et qui connaît beaucoup de monde en Chine, nous trouverons des chambres dans une sorte d’auberge de jeunesse ou d’appartement – je ne sais pas ce que c’était – pour 60 kuais la nuit. Soit 4 euros par personne et par nuit.


Un bon plan n’est-ce pas?

Wanlong Ski resort

Le lendemain, nous allons à Wanlong Ski resort, une autre station, plus grande cette fois ci. 22 pistes. Les prix atteignent des sommets : comptez 610 kuaïs (74 euros) le forfait une journée, et 980 kuaïs (119 euros) le forfait + location de matériel pour une journée… L’heure de cours avec un mono coûte 230 kuais (28 euros)…

Relations de Charlie oblige, on ne le paiera « que » 460 kuaïs (56 euros) le forfait. Malgré tout, cela reste plus cher que des stations comme Courchevel ou La Plagne pour une toute petite station…

Consolation : La vue est magnifique et la journée est très sympa au final. Et le reste du séjour ne coûte pas cher.

Heureusement, nous avons prévu le coup : nous avons loué notre matériel dans la ville en bas plutôt qu’en station – même si on paiera 40 kuaïs de taxi en plus (pour le deuxième taxi), nous économiserons 250 kuaïs chacun en location de matériel (120 en bas, 370 en station). Seul problème : la caution demandée est énorme (250 euros par personne). Personne n’ayant autant de liquide, on parviendra à négocier la note en échange d’un passeport…

Quelques photos

 


Piste noire

 

The end

En fin de journée, nous redescendons en station. Seul problème : le dernier bus pour retourner à Beijing est à 14h, et il est 17h. Nous prenons donc un taxi de Chongli jusque ZhangJiaKou. Une course de 47 kilomètres facturée 120 kuaïs (14,5 euros).

Malheureusement, nous arrivons… 10 minutes après le dernier bus de la journée pour Beijing. Nous prendrons donc le train de… 22h30. 3 heures d’attente qu’on passera dans un café.

Le train est vieux et sale. On verra un Chinois cracher par terre notamment. Et chaque wagon comprend 1 ou 2 petites chaudières à charbon pour le chauffage…

Après une heure dans un compartiment vide, une foule s’entasse dans le train. On restera debout 3h dans une ambiance « RER en heure de pointe », enfumés entre les odeurs corporelles, le tabac et le reste.

On arrivera à 3h du matin à Beijing-Ouest, nous obligeant à prendre un taxi pour retourner chez nous, à 4h du matin.

Bref, skier en Chine est possible, mais c’est une vraie expédition pour y aller 🙂

Prix du week-end

Le prix du week-end est très étrange. Le coût du ski est exorbitant mais le reste ne coûte pas cher.  Nous dépenserons ainsi en un week-end seulement 38 euros pour la nourriture, le transport en station, les taxis et l’hôtel…

 

Locations et remontées mécaniques: 107 euros

–  Demi journée Duolemeidi : 280 Kuaïs

–  Wanlong : 600 Kuaïs

 

Équipement: 32 euros

J’ai acheté le matériel le moins cher à Décathlon.

–  Collants : 99 Kuais

–  Lunettes de cycliste : 69 Kuais

–  Cagoule de ski : 69 Kuaïs

–  Chaussettes de ski : 19 Kuaïs

 

Nourriture: 21 euros

La nourriture ne coûte pas cher en Chine. Hormis les bières dans un bar sympa (25 la bière), on mange en général pour 3 à 5 euros le repas et on trouve des bières dès 6 kuaïs les 600 mL. L’équivalent d’un demi qui serait vendu 25 centimes d’euros en France.

–  Bières : 85 Kuaïs

–  Mc Do : 35 Kuaïs

–  Restaurant d’altitude : 30 Kuaïs

–  Soupe Chinoise : 10 Kuaïs

–  Faux Mc Do : 10 Kuaïs

Taxi: 12 euros

Les taxis ne coûtent vraiment pas cher en Chine. Quelques euros tout au plus. On prendra même une sorte de tuk tuk facturant 5 Kuaï la course dans la ville. Soit 0,15 euros par personne..

–  Aller au parc des travailleurs : 10 Kuaïs (1 km)

–  Taxi pour rejoindre la gare routière : 15 Kuaïs/personne (15 km)

–  2 allers simples en taxi pour rejoindre les stations : 32 Kuaïs par personne (25 km)

–  Retour – ZhangJiaKou : 30 Kuaïs par personne (47 km)

–  Taxi Beijing : 10 Kuaïs par personne (15 km)

–  Tuk tuks : 3 Kuaïs par personne

 

Transport: 11 euros

–  Aller en bus : 72 kuaïs

–  Retour en train : 15 Kuaïs

Nous paierons donc 11 euros pour les 600 kilomètres aller et retour depuis Beijing.

Hôtel: 4 euros

Nous paierons à nous 4 120 Kuaïs pour 2 chambres pour une nuit. Soit 30 Kuaïs par personne :

 

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5 Responses to “Week-end au ski en Chine”

  1. Francois dit :

    Même si c’est un peu tard,
    Happy Birthday to you !!!

  2. Fabrice dit :

    On a vu pire comme plan pour fêter ses 25 ans 🙂
    Quand tu en auras le double, tu pourras frimer en racontant l’anecdote à tes enfants.

    Sinon vu le prix des forfaits j’imagine que seuls les Chinois super aisés pratiquent ce loisir.
    Rapporté au niveau de vie local, cela me semble vraiment démesuré.
    C’est comme si on payait 250 euros une journée de ski en France.

  3. martin dit :

    @François: Merci 🙂

    @ Fabrice: Ouais…

    Bah pour les skieurs, je dirais 50% de blancs (en manque des alpes) et 50% de chinois aisés. Il faut se dire que c’est 50% plus cher qu’à Courchevel le forfait…

    Rapporté au salaire moyen de Beijing, cela revient au même que 250 euros en France. Et l’équivalent de 500-600 euros la journée par rapport à la Chine plus profonde (600 Kuais la journée vs 1000 à 2000 Kuais pour le salaire des ouvriers migrants)…

  4. Ah ouais, 25 ans déjà… 😉
    BA Martin avec un peu de retard alors.
    C’est quand même bizarre cette disparité de prix avec des tas de trucs donnés et d’autres plus chers que chez nous, tu as une explication ??

  5. martin dit :

    Oui, 25 ans déjà…

    Pour l’explication, mon avis, c’est que la main d’oeuvre Chinoise non qualifiée est extremement bon marché. Mais la main d’oeuvre qualifiée est très chere, souvent aussi chère qu’en France.

    Dès lors, les services et produits locaux – légumes du marché, taxi… – ne coûtent pas cher. Mais dès qu’il y a un produit nécessitant une entreprise internationale ou des capitaux (exemple: ordinateurs) ils coutent aussi cher qu’en France.

    Quand au ski, c’est un sport encore très élitiste. Or en Chine, il y a peu de classe moyenne: beaucoup de pauvres, pas beaucoup (mais multiplié par 1 milliard, c’est signification) de très riches (expat, riche chinois) qui peuvent aller au ski.

    En outre, la neige est presqu’entièrement artificielle (cela a un coût) et les stations de skis sont récentes: quelques années tout au plus (et de nouvelles s’ouvrent tous les ans). J’imaginent qu’ils veulent amortir leurs coûts au plus vite.

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